Bienvenue au sentier du Bois de la Roche

Un boisement original

Implanté sur un chaînon taillé par l’érosion dans les calcaires du Jurassique accumulés dans une mer tropicale il y a 170 millions d’années, le sentier du Bois de la Roche chemine jusqu’à la crête du vaste massif du Bois des Brûlées. Dans ce boisement inscrit à l’inventaire des Sites Naturels Sensibles du département de Saône-et-Loire, le sentier vous conduit à l’exploration d’un habitat forestier où l’Erable de Montpellier profite de la chaleur qui remonte de Méditerranée jusqu’en Bourgogne du Sud.

Sur les traces du botaniste Emile Château, du sous-bois humide et moussu à la canopée brûlée de soleil, vous découvrirez les différentes associations forestières de ce haut-lieu de la biodiversité bourguignonne.

Une flore qui rappelle le Midi

Le Bois de la Roche constitue la plus belle des stations bourguignonnes d’Erable de Montpellier dont la limite de répartition vers le Nord se situe à la latitude de Beaune. Il côtoie ici le Fragon petit-houx, le Silène d’Italie, ou l’Erable à feuilles d’obier, ce dernier connu aussi sous le nom d’Erable des Italiens ! Chêne pubescent (le « chêne blanc » du Midi) et Buis s’accrochent au sommet de la Roche, là où la sécheresse estivale n’est supportable que pour ces essences frugales, se contentant des anfractuosités de la pierre où s’insinuent leurs racines.

Au royaume du buis

Les petites feuilles vernissées du Buis opposent un écran impénétrable au feu solaire. Coupée pour la dernière fois en 1959, la sombre jungle des buis protège le sous-bois humide au printemps et en automne, paradis protecteur des mousses, lichens et champignons. La signature hautement odorante du Buis s’ornemente en février des subtiles effluves des minuscules fleurs du Cornouiller mâle dont les juteuses cornouilles régaleront à l’automne martres, blaireaux, renards et autres glaneurs des bois.

Sur les lisières du Bois de la Roche, le cortège des herbes de la pelouse calcaire s’exprime par le jaune de l’Hélianthème ou le rose de l’Orchis pyramidal qui courent sous les épis légers du Brome érigé. Tout près du sommet, vous frôlerez les discrètes inflorescences du Silène d’Italie, une plante rare connue en Bourgogne seulement dans une quinzaine de stations du Mâconnais-Clunisois.

Renseignements

Gestionnaire du site : mairie de Salornay 03 85 59 42 74
Courriel : mairie.salornay@wanadoo.fr
Site web : www.salornay-sur-guye.fr/

Pour plus d’informations sur le sentier, consultez ce site internet www.salornay-nature.fr/
Des flash codes apposés sur les panneaux d’interprétation du site vous permettent d’y accéder à partir d’un smartphone.

Equipement conseillé : une paire de jumelles et des chaussures de marche.
Saisons les plus favorables : printemps et été (aube ou fin de journée pour tous les chants d’oiseaux).

Accès

Depuis le centre du bourg et l’arboretum Emile Château près du Moulin de la Clochette, deux possibilités :

  • En voiture, sortir du village vers le Sud, direction Cluny par la D 980 puis prendre à droite LA D117 direction Flagy-Massilly, parcourir 1800 mètres jusqu’à l’entrée fléchée sur la gauche, petite aire de stationnement à 300 mètres au départ du sentier.
  • En bicyclette ou à pied, suivre les indications qui vous conduisent par le pont Sainte-Catherine, le cimetière puis le pied du coteau jusqu’au panneau de départ du sentier.

Emile Château (1866-1952)

De la chênaie à la bromaie en passant pas la buxaie, le sentier du Bois de la Roche vous entraîne sur les pas d’Emile Château, botaniste qui herborisa ici en 1903.Père fondateur de la phytosociologie, il mit en évidence les associations que forment les diverses essences végétales en fonction du climat et de la nature des sols.

Gestion forestière

En 1840, les taillis du Bois de la Roche et les forêts en fond de vallée furent divisées en parcelles exploitées tous les 20 ans pour le bois de feu, les « affouages ». Avec l’ère du pétrole bon marché, les rotations se ralentirent. Aujourd’hui, le sommet du Bois de la Roche est un boisement vierge de toute intervention humaine depuis 1959, il constitue désormais un « îlot de vieillissement » protégé. Les pentes de la Roche retrouvent leur vocation de production d’énergie avec les coupes pratiquées chaque hiver par les Salornois qui retrouvent, après un demi-siècle d’orgie d’énergie fossile hors-sol, les joies de l’exploitation durable des ressources locales.

Panoramique Salornay, entre Clunisois et Charolais

A l’ombre des chênes sessiles ou pubescents, du tilleul à grandes feuilles et de l’érable à feuilles d’obier, tout le cortège des plantes dites calcicoles s’entrouvre sur la vallée de la Gande, affluent de la Guye. Limite géographique entre Mâconnais-Clunisois et Côte chalonnaise-Charolais, Salornay-sur-Guye marque le carrefour entre les côtes calcaires et le vieux socle cristallin du Massif central. Le grand livre des paysages façonnés par nos ancêtres paysans depuis 6000 ans vous ouvre ses pages.